UL. STAWKI

Titre du film : UL. STAWKI
Production : Le Fresnoy - Studio national
Année : 2006
Genre : documentaire, vidéo
Expositions : Mimetic (Centre d’Art de l’Yonne, 2007), Festival Break 2.4 Potemkin village (Lubjana, 2007), Panorama 7 (Fresnoy, 2006)

Résumé du film
Thèmes : mémoire / lieu / ghetto

Certains lieux semblent traversés ou façonnés par l'Histoire et par les récits qui s'y attachent. Ce film explore la capacité d'un lieu à offrir, de façon symbolique ou émotionnelle, les traces de son histoire. « Ul. Stawki » est une rue située à l'emplacement de l'ancien ghetto de Varsovie. La scène montre les bâtiments d'une cité à l'architecture stalinienne avec, en contrebas, un jardin où la terre est à nue. Au pied d'un arbre, on distingue une silhouette assise sur un rouleau de jardinier...

Some places seem to be imbued with or fashioned by History and the narratives connected to it. This film explore the extent to which a place offers the possibility to perceive, symbolically or with respect to emotions, traces of its history.“Ul. Stawki” is a street in the site of the former Warsaw ghetto. The image shows a series of buildings from a Stalinist style housing complex, and beneath, a patch of bare ground. At the foot of a tree, one can see the silhouette of a figure sitting on a gardening roll…

Données artistiques
Réalisation et image : Delphine de Blic
Son : Julie Béziau

Données techniques
Durée : 4 min 15
Support de prise de vue : Vidéo, DVCam
Format de prise de vue : Vidéo
Support de diffusion : Vidéo
Format de projection : Vidéo
Format du cadre / ratio image : 1.33
Format du son / ratio son : Mono
Vitesse de projection : 25 images/s
Procédé : Couleur
Version son : Sonore

UL. STAWKI

Jean-Marc Huitorel, commissaire de l’exposition Mimetic

Delphine de Blic s’était fait remarquer en 2003 au festival du Cinéma du Réel (Centre Pompidou) par un film très personnel, La Trace Vermillon qui évoquait avec précision et justesse la figure exceptionnelle d’une mère (celle de l’auteure) très engagée dans une mission humanitaire en Inde et, de ce fait, souvent absente aux siens, restés en France.

Ul. Stawki est une forme plus courte et d’un esprit assez différent. D’une certaine manière, il se rapprocherait davantage d’un autre film de Delphine de Blic, réalisé l’an passé, Tout entière dans le paysage, et qui est une enquête sur les femmes internées dans les différents camps de concentration du Sud de la France pendant la seconde guerre mondiale.

UL. Stawki consiste en un plan fixe, objectif pointé sur la façade grise d¹un immeuble de banlieue. Quelques rares habitants sortent de l’immeuble ou y pénètrent. Au premier plan un homme se repose, assis par terre, puis s’attelle à un rouleau et tasse la terre du square, allant et venant d’un bord à l’autre du plan, hors champ et dans le champ. Rien d’autre. Ni montage ni le moindre effet. De la prise brute, une sorte de ready-made d’image, un simple report de l’apparence du monde sur la surface plane d’un écran. Absolu mimétisme. Évidemment le va et vient de l’homme intrigue et quand bien même « il faut imaginer Sisyphe heureux », on se demande bien le sens de ces passages.

On peut s’en tenir là. On peut aussi, intrigué, par le titre aux consonances polonaises, se renseigner sur la situation de cette unique prise de vue. On apprend alors qu’il s¹agit de l’un des coeurs névralgiques de ce qui fut, en des temps tragiques, le ghetto de Varsovie.